J'ai décidé d'ouvrir ce blog et de laisser mon témoignage sur ma vie en tant que schizoïde au quotidien. Il pourrait être utile à tous ceux qui souffrent de la même pathologie, afin de découvrir les autres sous un angle différent, ainsi qu'à leurs proches qui pourraient être à même de mieux les comprendre.
Vu que l'on n'est pas schizophrène mais que l'on a tout de même certains troubles proches, comment ça se passe pour la prise de médicaments ?
→ Les neuroleptiques ne sont pas utiles. Lorsque l'on a un trouble schizoïde, il n'y a ni hallucination ni perte du contrôle de soi même seulement, on est souvent très angoissé et très stressé. Pour ce qui est de la connection à la réalite, nous sommes connectés mais dès fois, il arrive que le cable soit mal branché, mais il ne se débranche jamais.
→ Les antidépresseurs sont parfois prescris. Comme beaucoup, les personnes atteintes de troubles schizoïdes sont sujettes à la dépression. Des antidépresseurs peuvent aider si le sujet en a réellement besoin mais ne sont pas donnés de manière systématique.
→ Les anxiolytiques aident à lutter contre les angoisses et le stress. Il sont le plus souvent prescris à la demande du patient ou au vu de ton état général.
En gros, un trouble schizoïde ne se traite pas par voie médicamenteuse. La grande majorité de la thérapie se contente de sociabiliser et de remettre le patient en confiance avec autrui. C'est donc un travail de longue haleine, avec un psychologue la plupart du temps, qui peut durer longtemps.
Voyons un peu comment ça c'est passé pour moi.
Etant donné que j'angoisse et que je stress beaucoup, je prends des anxiolytiques. J'en ai essayé plusieurs au cours de ma vie : Stresam, Xanax, Lysensia, Lexomil... j'ai même essayé les antidépresseurs mais là, c'était trop fort pour moi. J'étais plus mal qu'avant. Je carbure donc à ça depuis que je suis ado, en changeant les doses ou les molécules en fonction de mes besoins.
Pour ce qui est de la thérapie, ma psy me fait faire beaucoup d'activités de groupe.
Nous sommes donc cinq ou six schizoïdes assis en table ronde avec la psy qui propose des activités et des jeux. Cela peut paraître enfantin mais c'est bien comme cela que l'on arrive à interagir avec les autres.
Les jeux varient. Des fois, la psy nous demande d'avoir une conversation anodine avec un autre patient ou elle même. Parfois, des infirmiers se prêtent au jeu. Elle analyse nos paroles et le ton que l'on prend, la durée de la prise de parole également, puis fait un bilan. A travers ce jeu, elle m'a appris les codes du comportement en société autrement dit : serrer la main à quelqu'un pour se présenter, dire "bonjour" et "au revoir"," merci" pour un service rendu et répondre "de rien" lorsque ce service ne nous a pas dérangé etc... Ma mère me l'a apprit aussi lorsque j'étais môme, comme tout le monde je pense, mais je ne voyais jamais l'importance que cela pouvait avoir en société.
Un autre exemple de jeu. Après la conversation en présentielle, la conversation téléphonique. Comment doit on se comporter au téléphone. Sachant que l'interlocuteur ne nous voit pas, il faut être bien plus précis sur nos propos, chose que j'ai tendance à oublier de faire. Il en va de même pour la correspondance manuscrite.
Nous avons aussi des cours sur les relations sociales et les codes de la linguistique. La plupart du temps, j'ai une voix monotone pour tout exprimer alors qu'il existe plusieurs intonations de voix pour dire ce que l'on pense sans forcément faire de longs discours. Apprendre à décrypter la mimique gestuelle est importante aussi.
Enfin, pour les demandeurs, il y a les interactions dans le couples. Nous n'étions que deux à faire cette séance mais je ne l'ai faite qu'une fois vu qu'après, la psy demandait au partenaire de participer. Je n'avais aucune envie que Cécile vienne assister à ce genre de chose.
C'est ce que je fais pendant des demie journée en CMP avec ma psy. Mon psychiatre lui constate les résultats, je ne le vois que très peu.
Pour les médicaments, je commence à tous les connaître ainsi que leur effets indésirables et leur dose maxi, je vais chez mon généraliste pour les ordonnances à présent.
Je ne dis pas que les séances chez le psy sont une partie de plaisir. Il m'arrive souvent de ne pas y aller parce que je n'ai pas envie de jouer à ces jeux la. La communication avec des gens que l'on ne connaît pas est difficile et garder des relations encore plus. Même si la psy m'encourage, je n'ai tout bonnement pas envie de le faire car cela m'angoisse encore plus que je ne le suis déjà.
L'angoisse est un symptôme terrible qui engendre toute une série d'emmerdes sur le plan émotionel mais également sur le plan physique : impossibilité de manger parce qu'on a l'impression d'avoir une boule dans la gorge, sensation d'oppression et de peur, crise de tétanie, réaction cutané et j'en passe.
Bref, le meilleur soin pour un schizoïde reste la tranquillité, le calme et surtout respecter son choix de se sentir seul pendant un petit moment.