J'ai décidé d'ouvrir ce blog et de laisser mon témoignage sur ma vie en tant que schizoïde au quotidien. Il pourrait être utile à tous ceux qui souffrent de la même pathologie, afin de découvrir les autres sous un angle différent, ainsi qu'à leurs proches qui pourraient être à même de mieux les comprendre.
Chapitre 5 - Situation initiale
Mi janvier, elle demande à emménager chez moi. Elle voulait se sentir près de moi. Vu que j'aimais bien être avec elle, j'ai dis oui.
Elle a commencé par ramener des affaires tout doucement. Elle dormait sur le canapé lit, en effet je n'étais pas prêt à ce que l'on dorme ensemble. Seulement, c'était différent de la relation que l'on entretenait lorsqu'on se voyait à la fac. Elle circulait partout où elle voulait, elle rangeait les courses donc pouvait voir le contenu des placards, se faisait de la place pour mettre ses affaires à tel point que mon lavabo était envahit de produits de beauté en tout genre. J'étais en train de perdre tout les repères dans ce que je considérais encore comme « mon chez moi ». Quand elle était dans l'appartement, j'angoissais parce que je ne savais pas comment réagir si elle faisait quelque chose. Elle me collait tout le temps lorsque nous étions sur le sur le canapé. Je pensais qu'elle voulait que l'on est des rapports sexuels et je n'étais pas prêt du tout, je n'en n'avais même pas envie. Les câlins me suffisaient.
Puis elle s'est mise à jouer les tyrans. Elle m'a acheté un téléphone portable pour que je puisse la joindre et surtout, qu'elle puisse me joindre. Etre joignable partout ne me plaisait pas du tout, c'était comme entrer dans mon intimité à tout moment de la journée. Au début, je répondais à quasiment tous les textos qu'elle m'envoyait mais un jour, je n'ai pas répondu de toute la journée. En rentrant le soir, elle était en pleurs, pensant que je ne l'aimais plus, que j'allais la quitter. Je lui ai dis que je ne savais même pas ce que c'était d'être amoureux, que je n'étais pas amoureux d'elle. Elle l'a très mal pris et est partit chez sa mère.
Elle ne reviendra que trois jours plus tard. Elle s'est excusée et ne voulait pas que je parte. Je lui ai expliqué que si elle voulait que l'on reste ensemble il fallait que l'on fasse quelque chose car pour moi, la situation était devenue beaucoup trop stressante, trop d'angoisse au quotidien.
Devant les faits, nous sommes alors allés voir ma psychologue ensemble. Encore une fois, la dépendance de Cécile prenait le dessus dans qu'elle s'en rende compte. Ce comportement était pourtant typique des dépendants comme elle mais tout comme les autres, elle ne s'en était pas rendue compte et moi, ça m'affectait beaucoup. La voir pleurer m'angoissais encore plus, je ne pouvais plus tenir avec elle dans les parages.
Après la séance et les explications du psy, l'ambiance est revenue au beau fixe à l'appartement. Cécile c'était rendu compte d'une chose : que c'était elle qui avait détruit ses relations. Elle ne voulait pas recommencer, elle voulait rester avec moi et je voulais retrouver la relation que l'on avait avant qu'elle ne vienne chez moi. Elle a donc écouté son psychologue et s'est occupée d'elle tout en lâchant prise sur moi. Elle s'est mise à respecter mon espace personnel d'elle même, sans que je n'ai eu besoin d'intervenir. Je retrouvais mon appartement tel que je l'avais auparavant. Tout d'un coup je me sentais bien mieux. Elle s'est fait plus discrète dans ma vie. Pour la première fois, elle est allée chez le coiffeur et s'est maquillée : elle voulait me plaire. Je lui ai dis qu'elle me plaisait déjà telle quelle était mais cela lui faisait plaisir à elle aussi. Elle se plaisait.
Depuis ce jour, elle n'a plus crié, ne s'est plus mise en colère. Il faut dire que son nouveau traitement y est pour quelque chose aussi. Je me sentais bien et j'avais décidé, en contrepartie de ses efforts, car je voulais qu'elle reste avec moi. J'ai fais une petite place dans mon carnet rien que pour elle. J'ai noté sa couleur préféré, ce qu'elle aime manger, sa date d'anniversaire, le prénom de ses parents bref tout ce qui me paraissait inutile au début mais qui finalement est important dans une vie de couple.
Même si je n'ai pas encore acquis tous les automatismes de la vie quotidienne, j'apprends petit à petit ceux de la vie à deux. J'ai même fait un projet : celui de terminer ma licence et de trouver du travail. Elle aussi, espère qu'après son stage elle sera embauchée. Elle négocie ça avec cœur et en parle souvent à sa mère qui l'encourage dans ses démarches.
Ma mère elle, est fière de moi. Elle me l'a dit, au téléphone. Elle pense qu'être en couple me fait du bien. C'est une épreuve à passer dans la vie. Ce n'est pas facile car la vie à deux demande des sacrifices dans les deux camps mais elle m'expliquait que c'était ça, vivre. Tenter des expériences même si on les rate. On pourra toujours recommencer un jour ou l'autre.
Pour le moment, tout va bien. Cécile voudrait que l'on prenne un autre appartement, plus grand, une fois qu'elle aura du travail. Elle m'a dit que comme ça, je pourrais avoir une pièce rien que pour moi où je pourrais mettre mes affaires. Cela m'a enchanté, encore plus quand c'est elle qui l'a proposé puisque je n'y avais même pas pensé. J'ai été d'accord pour qu'on déménage dès que possible mais j'ai vite repenser à Tom qui habite l'étage du dessus. Il sait que Cécile vit avec moi mais il ne sait pas qu'elle est ma petite amie maintenant. Du moins, je ne sais pas si c'est une idée concraite dans son esprit. Je suis récemment allé le voir pour discuter de tout ça. Il n'est pas violent, mais je ne voudrais pas que la présence de Cécile lui fasse du tord. Il m'a dit que si j'avais une petite copine, il devrait essayer d'en avoir une aussi. Etonné, je lui demande pourquoi, lui qui ne s'est jamais intéressé aux filles jusque là. Il m'a répondu que puisqu'on fait des expériences ensemble, ceci en était une. Je lui ai rétorqué que c'est une expérience qui risquait de durer longtemps, je n'allais pas la laisser comme ça. Aucune importance, si je tentais l'expérience « copine » alors pourquoi pas lui. Je ne sais vraiment pas comment une fille va réagir face à un type pareil mais comme dit mon père : « on trouve toujours chaussures à son pied ». Après tout, il y avait bien une fille en sociologie qui avait eu de l'intérêt pour lui mais il n'avait jamais donné suite.
Je ne sais pas s'il est déjà allé lui parler mais il a du prendre ce paramètre en compte. Si je déménage, il m'a simplement dit de lui donner mon adresse pour qu'il puisse venir me voir ainsi que mon numéro de téléphone et si possible, de ne pas quitter la ville. Bien sur, je n'ai pas l'intention de quitter la ville. Il l'a plutôt bien prit. J'espère qu'il ne se voile pas la face. Je compte bien contrôler tout cela.
Pour le moment, nous sommes bien. Pourvu que ça dure.